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29.10.2006
Légères mouillures sur la tranche
Il était mince, il était brun, il sentait bon…
Il avait un grand dos bien dur
Où parfois passaient des nervures
Comme à la Hune passent les ouvrages.
Il était plein de mots et de pages
Que j'ai jamais très bien compris.
Son plat portait : "Pas lu, pas pris."
Sur sa coiffe on lisait : "Personne"
Recto verso, un mot : "Raisonne".
Auteur perdu, lecteur enfui,
Toujours je pense à cette nuit
Et l'envie de son vélin me ronge.
Parfois je pleure et puis je songe
Que lorsque je palpais sa reliure,
J'aurais dû noter l’imprimatur.
Mais je n'ai pas osé l’ouvrir.
J'avais peur de le voir périr.
Je l'ai trouvé sur les quais déserts
In quarto aux beaux coins couvert
De filets dorés et fleuron d’un autre âge.
J’ai effleuré son cartonnage
En frémissant et il m’a dit,
Montrant son plat : "Pas lu, pas pris"
Gonflant sa coiffe : "Ici, personne."
Il ne savait pas... je lui pardonne.
J'sais pas son titre, je n'sais rien d'lui.
Il m'a aidée toute la nuit,
A mots ouverts.
Et me laissant à mon destin,
Il a disparu au matin
Dans la lumière.
Il était mince, très basané,
Il sentait bon le cuir tanné,
Et la poussière.
Y avait une dédicace sur son front :
Ti spice ti amo, fendu sur le long,
Mon dictionnaire!
22:20 Publié dans Slank A s’emballe | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, in quarto, reliure, mouillure, vélin, vieux bouquins et poudre de perlimpinpin.
Commentaires
Slankita, ne lui déclare pas ta flamme de si près !!!
pfiou… heureusement qu'il y avait des mouillures.
Ecrit par : Agla | 30.10.2006
Slanka, j'aime que tu évoques le toucher, l'odorat, c'est très réussi. Au contraire d'Alga, pourtant, je pense que si tu aimes, tu te dois de le dire. De toutes manières, une femme le dit avec ses yeux, son corps, son coeur. Pourquoi pas avec les mots ?
Ecrit par : Rabat-Agla ? (non) | 30.10.2006
Il sentait bon le sable chaud,
et l'encre fraîche aussi peut-être,
celle qui colle délicieusement au doigts...
Mais sais-tu, Slanka, qu'un légionnaire puisse être aussi un dictionnaire, c'est carrément le grand écart entre le physique et le psychique ...
Décidément, tu piaffes toujours !
Ecrit par : Laure | 30.10.2006
Par ailleurs, évidemment j'adore !
(à titre privé, par mail, je te peaufine -veline...- cela en octosyllabes et strophes régulières sans rien trahir ni alourdir ?)
Ecrit par : Laure | 30.10.2006
Ah mon Dieu !
Ces littéraires...
Et pires encore quand elles sont femmes !
C'est ainsi que sur les quais de Seine, les pauvres bouquinistes les voient passer légères, s'arrêter un temps parfois, et qu'hommes tels que Guillaume, ils sont tentés d'enjamber le parapet...
http://www.toutelapoesie.com/poemes/apollinaire/le_pont_mirabeau.htm
Ecrit par : richard | 30.10.2006
Je ne vous remercie pas, Slanka...
Alors que je cherchais anodinement sur Google quelque site expliquant comment procéder lorsque l'on désire s'accoupler avec une tranche de jambon, je tombe sur votre blog.
Quelle déception !
Je vous laisse donc, sombre arnaqueuse, car alors que je vous écris mon mécontentement à propos du choix plus que douteux de vos titres, je suis attendu par une splendide aile de raie à qui j'ai réussi à enfiler un string en latex du plus bel effet.
Au plaisir de ne plus vous relire !
Ecrit par : l'anonyme du jour | 30.10.2006
Mon p'tit loulou, âne honni du jour,
pour t'accoupler avec une tranche de jambon, t'enfiler une aile de raie, t'acoquiner avec toute tranche de fesse de cochon à l'eau et autres animaux malades de la fesse, avec légères mouillures, ou pas, il fallait te rendre direct, ici: http://airfly.ch/?p=4
Vous noterez que je ne fais pas de discrimination puisque le monsieur est Suisse autant que fort piquant.
Des bises, bien fines, s'il vous plaît.
Ecrit par : Slanka | 30.10.2006
c'est à s'en lécher les pupilles, envie de tourner et retourner les pages jusqu'à ce que faim s' poursuive... ou plutôt soif ;)
Ecrit par : Isa | 30.10.2006
Viens Slanka comme éditeur
Les lourds sont cons je me meurs...
De rire en 7 à 7 !
Ecrit par : Laure | 30.10.2006
ça fait plaisir de retrouver cette bonne ambiance mi lard/mi raison...
en fait de cochon, je m'en suis payée une bonne tranche de cet ode à la transmission de la langue diffusé sur un air de légion-elle-ose...
et pour le reste, je vais songer à mettre le lard dans le torchon...
Ecrit par : johanna | 03.11.2006
Génial !
La "Souris déglinguée" repointe le bout de son nez...
Toujours autant en ripailles, il semble bien !
Salutations donc,
non pas d'un rat défoncé,
mais plutôt d'un lièvre explosé...
Ecrit par : Alazurglop Hinzegarèn | 03.11.2006
Et l'envie de son vélin me ronge.
Ecrit par : L'album de la conteuse | 05.12.2006
Bon, c'est pas tout, mais c'est quand qu'on mange ...
Ecrit par : Ceckasince | 12.12.2006

